| Textes généraux Ministère de la culture et de la
communication Décret no 2002-140 du 4 février 2002 pris pour l'application
des articles 33, 33-1, 33-2 et 71 de la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 et fixant le
régime applicable aux différentes catégories de services de radiodiffusion sonore et de
télévision distribués par câble ou diffusés par satellite
NOR : MCCT0200048D
Le Premier ministre,
Sur le rapport de la ministre de la culture et de la communication,
Vu la convention européenne sur la télévision transfrontière, ouverte à la signature
le 5 mai 1989 ;
Vu la directive 89/552/CEE du Conseil des Communautés européennes du 3 octobre 1989
visant à la coordination de certaines dispositions législatives, réglementaires et
administratives des Etats membres relatives à l'exercice d'activités de radiodiffusion
télévisuelle, modifiée par la directive 97/36/CE du Parlement européen et du Conseil
des Communautés européennes du 30 juin 1997 ;
Vu l'accord sur l'Espace économique européen du 2 mai 1992 ;
Vu le code de commerce, notamment son article L. 233-3 ;
Vu le code général des impôts, notamment ses articles 302 bis KB et 302 bis KC ;
Vu la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 modifiée relative à la liberté de
communication ;
Vu le décret no 87-239 du 6 avril 1987 pris pour l'application de l'article 27-I de la
loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication et fixant
pour les services privés de radiodiffusion sonore diffusés par voie hertzienne terrestre
ou par satellite le régime applicable à la publicité et au parrainage ;
Vu le décret no 90-66 du 17 janvier 1990 pris pour l'application des articles 27, 33 et
70 de la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 et fixant les principes généraux concernant
la diffusion des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles par les éditeurs de
services de télévision, modifié par le décret no 92-279 du 27 mars 1992 et par le
décret no 2001-1330 du 28 décembre 2001 ;
Vu le décret no 92-280 du 27 mars 1992 pris pour l'application des articles 27 et 33 de
la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 et fixant les principes généraux définissant les
obligations des éditeurs de services en matière de publicité, de parrainage et de
télé-achat, modifié par le décret no 2001-1331 du 28 décembre 2001 ;
Vu le décret no 99-130 du 24 février 1999 relatif au soutien financier de l'industrie
cinématographique ;
Vu le décret no 2001-1333 du 28 décembre 2001 pris pour l'application des articles 27,
70 et 71 de la loi no 86-1067 du 30 septembre 1986 et fixant les principes généraux
concernant la diffusion des services autres que radiophoniques par voie hertzienne
terrestre en mode numérique ;
Vu l'avis du Conseil supérieur de l'audiovisuel no 2001-12 du 23 octobre 2001 ;
Le Conseil d'Etat (section de l'intérieur) entendu,
Décrète :
Art. 1er. - Les dispositions du présent décret sont applicables aux éditeurs de
services de radiodiffusion sonore et de télévision distribués par câble ou diffusés
par satellite.
TITRE Ier DES EDITEURS DE SERVICES CONVENTIONNES
Art. 2. - Le Conseil supérieur de l'audiovisuel conclut avec chacun des services
autres que ceux visés au titre II la convention prévue à l'article 33-1 de la loi du 30
septembre 1986 susvisée.
La convention fixe sa durée, sans que celle-ci puisse excéder dix ans.
Elle définit, notamment, les obligations particulières du service considéré dans les
limites fixées par le présent décret et les dispositions concernant les zones
potentiellement desservies ainsi que les normes utilisées et les caractéristiques
techniques du service, en compatibilité avec les spécifications techniques d'ensemble
fixées par l'arrêté prévu au cinquième alinéa de l'article 34 de la loi du 30
septembre 1986 susvisée.
Art. 3. - Les définitions des ressources totales de l'exercice, du chiffre d'affaires
net de l'exercice et de l'abonné données à l'article 2 du décret no 2001-1333 du 28
décembre 2001 susvisé sont applicables au présent titre.
Chapitre Ier Dispositions applicables aux éditeurs de services établis en France Section
1 Dispositions applicables aux éditeurs de services de radiodiffusion sonore
Art. 4. - Pour les éditeurs de services de radiodiffusion sonore en langue française
ou dans une langue régionale en usage en France dont la part des programmes consacrés à
la musique de variété représente plus de 50 % du temps total de diffusion, la
convention fixe la proportion d'oeuvres musicales d'expression française ou
interprétées dans une langue régionale en usage en France.
Dans un délai qui ne peut excéder cinq ans à compter de la conclusion de la première
convention, la part des programmes consacrés à la musique de variété doit comporter un
minimum de 40 % de chansons d'expression française, dont la moitié au moins provenant de
nouveaux talents ou de nouvelles productions. Toutefois, pour des formats spécifiques, la
convention peut fixer ces proportions au niveau de celles qui sont prévues aux deuxième,
troisième et quatrième alinéas du 2o bis de l'article 28 de la loi du 30 septembre 1986
susvisée.
Lorsqu'un éditeur propose au public un service composé de plusieurs programmes de
radiodiffusion sonore simultanées, les proportions mentionnées aux deux alinéas
précédents peuvent être calculées globalement sur l'ensemble des programmes qui
consacrent plus de 50 % de leur temps total de diffusion à la musique de variété.
Art. 5. - Les dispositions du décret du 6 avril 1987 susvisé sont applicables aux
éditeurs de services de radiodiffusion sonore.
Le temps maximal consacré à la diffusion de messages publicitaires est fixé par la
convention conclue avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel, sans pouvoir excéder
douze minutes pour une heure donnée.
Les articles 22 à 27 du décret du 27 mars 1992 susvisé sont applicables aux émissions
de télé-achat diffusées par ces services.
Section 2 Dispositions applicables aux éditeurs de services de télévision Sous-section
1 Contribution au développement de la production d'oeuvres cinématographiques
Art. 6. - Les dispositions de la présente sous-section sont applicables aux éditeurs
de services de télévision, à l'exclusion de ceux qui diffusent annuellement un nombre
d'oeuvres cinématographiques différentes de longue durée inférieur à 52, sans que le
nombre annuel total de diffusions et de rediffusions de toute nature de ces oeuvres
excède 104.
Art. 7. - Sous réserve des dispositions particulières prévues aux articles 19 et 21,
les éditeurs de services consacrent chaque année au moins 3,2 % de leur chiffre
d'affaires net de l'exercice précédent à des dépenses contribuant au développement de
la production d'oeuvres cinématographiques européennes.
La part de cette obligation composée de dépenses contribuant au développement de la
production d'oeuvres d'expression originale française doit représenter au moins 2,5 % du
chiffre d'affaires net de l'exercice précédent.
Art. 8. - Constituent des dépenses contribuant au développement de la production
d'oeuvres cinématographiques les sommes consacrées par les éditeurs de services :
1o A l'achat de droits de diffusion en exclusivité, sur le service qu'ils exploitent,
d'oeuvres cinématographiques n'ayant pas encore reçu l'agrément des investissements ou
une autorisation de production délivrés par le directeur général du Centre national de
la cinématographie conformément aux dispositions du décret du 24 février 1999 susvisé
;
2o A l'investissement en parts de producteur dans le financement d'oeuvres
cinématographiques ;
3o A l'achat de droits de diffusion, sur le service qu'ils exploitent, d'oeuvres
cinématographiques autres que ceux mentionnés au 1o.
Art. 9. - Au moins trois quarts des dépenses mentionnées aux 1o et 2o de l'article 8
sont consacrées au développement de la production indépendante, selon les critères
liés à l'oeuvre cinématographique et à l'entreprise qui la produit.
I. - Est réputée relever de la production indépendante l'oeuvre dont les modalités
d'exploitation répondent aux conditions suivantes :
1o Les droits stipulés au contrat conclu pour l'application du 1o de l'article 8 n'ont
pas été acquis par l'éditeur de services pour plus de deux diffusions et la durée
d'exclusivité de ces droits n'excède pas dix-huit mois pour chaque diffusion ;
2o L'éditeur de services ne détient pas, directement ou indirectement, les droits
secondaires ou mandats de commercialisation de l'oeuvre pour plus d'une des modalités
d'exploitation suivantes :
a) Exploitation en France, en salles ;
b) Exploitation en France, sous forme de vidéogrammes destinés à l'usage privé du
public ;
c) Exploitation en France, sur un service de télévision autre que celui qu'il édite ;
d) Exploitation en France et à l'étranger sur un service de communication en ligne ;
e) Exploitation à l'étranger, en salles, sous forme de vidéogrammes destinés à
l'usage privé du public et sur un service de télévision.
Toutefois, lorsque l'éditeur de services consacre plus de 85 % des dépenses prévues aux
1o et 2o de l'article 8 au développement de la production indépendante, la détention
des droits secondaires ou mandats de commercialisation peut porter sur deux des modalités
d'exploitation mentionnées ci-dessus, sans toutefois que puissent être cumulées les
modalités définies aux c et e.
Pour l'application de ces conditions, les droits secondaires et mandats de
commercialisation détenus indirectement par un éditeur de services s'entendent de ceux
détenus par une entreprise contrôlée par l'éditeur de services ou une personne le
contrôlant, au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce.
La qualification d'oeuvre relevant de la production indépendante est attribuée par le
Conseil supérieur de l'audiovisuel après avis du Centre national de la cinématographie.
II. - Est réputée indépendante d'un éditeur de services l'entreprise de production qui
répond aux conditions suivantes :
1o L'éditeur de services ne détient pas, directement ou indirectement, plus de 15 % de
son capital social ou de ses droits de vote ;
2o Elle ne détient pas, directement ou indirectement, plus de 15 % du capital social ou
des droits de vote de l'éditeur de services ;
3o Aucun actionnaire ou groupe d'actionnaires la contrôlant au sens de l'article L. 233-3
du code de commerce ne contrôle, au sens du même article, l'éditeur de services.
Art. 10. - I. - Les contrats d'achats des droits mentionnés aux 1o et 3o de l'article
8 fixent un prix d'acquisition distinct pour chaque diffusion.
II. - Les sommes mentionnées aux 1o et 2o de l'article 8 ne sont prises en compte que
dans la mesure où leur montant a été versé intégralement, s'agissant des achats de
droits de diffusion en exclusivité, au plus tard trente jours après la sortie en salles
en France, sous réserve de la livraison d'un matériel de diffusion conforme aux normes
professionnelles en vigueur, et à concurrence d'au moins 90 %, s'agissant de
l'investissement en parts de producteur, au plus tard le dernier jour de tournage.
Sous-section 2 Contribution au développement de la production et régime de diffusion des
oeuvres audiovisuelles
Art. 11. - I. - Sous réserve des dispositions particulières prévues aux articles 19
et 21, les éditeurs de services qui réservent annuellement plus de 20 % de leur temps de
diffusion à des oeuvres audiovisuelles consacrent chaque année au moins 16 % de leur
chiffre d'affaires net de l'exercice précédent à des dépenses contribuant au
développement de la production d'oeuvres audiovisuelles européennes ou d'expression
originale française.
Toutefois, ce taux est fixé à 8 % pour les éditeurs de services qui consacrent plus de
la moitié de leur temps de diffusion à des vidéomusiques.
La convention fixe la part de l'obligation prévue aux deux premiers alinéas consacrée
à des oeuvres d'expression originale française, sans qu'elle puisse être inférieure
aux trois quarts du montant total de cette obligation.
II. - Pour les éditeurs de services de patrimoine audiovisuel, la convention peut
prévoir que les dépenses consacrées à la sauvegarde, la restauration ou la mise en
valeur des oeuvres du patrimoine audiovisuel d'expression originale française diffusées
par ces services sont prises en compte au titre de l'obligation prévue au premier alinéa
du I, dans la limite d'un tiers de celle-ci.
Constituent des dépenses de sauvegarde, de restauration et de mise en valeur des oeuvres
du patrimoine audiovisuel et cinématographique les sommes consacrées :
1o Au financement de travaux destinés à l'établissement d'éléments de tirage et des
supports de toute nature nécessaires à la diffusion télévisuelle des oeuvres dont
l'éditeur de services a acquis les droits ;
2o Au financement d'émissions inédites réalisées en plateau consacrées aux oeuvres du
patrimoine audiovisuel et cinématographique et à leur histoire.
III. - La convention peut, sans pouvoir descendre au-dessous de 13 % du chiffre d'affaires
net de l'exercice précédent, fixer la proportion prévue au premier alinéa du I à un
niveau inférieur, à la condition que cette baisse soit compensée par des sommes
investies dans des émissions autres que de fiction majoritairement réalisées en
plateau, ces sommes n'étant décomptées que pour la moitié de leur montant. Ces
émissions doivent être inédites et produites par des entreprises de production
indépendantes de l'éditeur de services au sens du II de l'article 14.
Art. 12. - Constituent des dépenses contribuant au développement de la production
d'oeuvres audiovisuelles d'expression originale française les sommes consacrées par les
éditeurs de services :
1o A l'achat, avant la fin de la période de prise de vues, de droits de diffusion et de
rediffusion sur le service qu'ils exploitent ;
2o A l'investissement, avant la fin de la période de prise de vues, en parts de
producteur ;
3o A l'achat de droits de diffusion et de rediffusion, sur le service qu'ils exploitent ;
4o Au financement de travaux d'écriture et de développement.
Art. 13. - La convention détermine, en tenant compte de la nature de la programmation,
la part minimale de l'obligation prévue au I de l'article 11 que l'éditeur doit
consacrer à des dépenses afférentes à la production d'oeuvres audiovisuelles
inédites. A ce titre, sont prises en compte les dépenses visées aux 1o, 2o et 4o de
l'article 12 ainsi que celles qui résultent de l'exercice d'un droit d'option selon les
modalités prévues au deuxième alinéa du 1o du I de l'article 14, lorsque ce droit a
été effectivement exercé dès la signature du contrat initial ou lorsque les dépenses
ont fait l'objet d'un paiement avant la fin de la période de prise de vues.
La convention peut également fixer, compte tenu de la nature de la programmation de
l'éditeur de services, des obligations particulières pour un ou plusieurs genres
d'oeuvres audiovisuelles, notamment la fiction, le documentaire, l'animation et le
spectacle vivant.
Art. 14. - Au moins deux tiers des dépenses mentionnées au I de l'article 11 sont
consacrés au développement de la production indépendante selon des critères liés à
l'oeuvre audiovisuelle et à l'entreprise qui la produit.
I. - Est réputée relever de la production indépendante l'oeuvre dont les modalités
d'exploitation répondent aux conditions suivantes :
1o Lorsqu'ils sont exclusifs, les droits n'ont pas été acquis par l'éditeur de services
pour plus d'une diffusion intervenant dans un délai maximal de dix-huit mois à compter
de la livraison de l'oeuvre.
Toutefois, les contrats peuvent prévoir un droit d'option prioritaire et exclusive au
profit de l'éditeur de services pour des diffusions supplémentaires intervenant dans un
délai qui peut excéder la période de première exclusivité, à condition que le prix
de ces rediffusions soit fixé dans le contrat initial.
L'éditeur de services qui use de la faculté ouverte par l'alinéa précédent ne peut
acquérir des droits de diffusion pour un délai supérieur à quarante-deux mois, à
compter de la livraison de l'oeuvre. Il ne peut non plus acquérir le droit de diffuser
l'oeuvre plus de trois fois au cours de cette période, sauf pour les oeuvres d'animation,
qui peuvent être diffusées quatre fois.
Par dérogation aux dispositions du premier et du troisième alinéa du 1o du I du
présent article, l'oeuvre est également réputée relever de la production indépendante
si les droits n'ont pas été acquis par l'éditeur de services pour plus de huit
diffusions en exclusivité intervenant dans un délai maximal de quarante-deux mois à
compter de la livraison pour les oeuvres d'animation et pour plus de quatre diffusions en
exclusivité, dans le même délai, pour les documentaires et les oeuvres de fiction, à
la condition que ces droits aient fait l'objet d'une acquisition ferme avant la fin de la
période de prise de vues.
Les droits pour chacune des diffusions postérieures à celles prévues dans le contrat
initial sont négociés pour une période d'exclusivité ne dépassant pas dix-huit mois.
Pour l'application des cinq alinéas précédents, la notion de diffusion peut être
entendue comme la multidiffusion de la même oeuvre pour un nombre et un délai
déterminés par accord contractuel, sans que ce nombre puisse excéder six diffusions et
ce délai un mois.
2o Les contrats mentionnés au 1o ne portent que sur les droits nécessaires à
l'exploitation du service distribué par câble ou diffusé par satellite, sans préjudice
des droits ou autorisations visant à une rediffusion intégrale ou partielle au sens du
sixième alinéa de l'article 33-1 de la loi du 30 septembre 1986 susvisée.
3o Chaque mandat de commercialisation fait l'objet d'un contrat distinct et doit avoir
été négocié dans des conditions équitables.
4o L'éditeur de services ne détient pas, directement ou indirectement, de parts de
producteur ; il ne prend pas personnellement ou ne partage pas solidairement l'initiative
et la responsabilité financière, technique et artistique de la réalisation de l'oeuvre
et n'en garantit pas la bonne fin.
5o Lorsque l'entreprise qui cède les droits à l'éditeur de services est distincte du
producteur de l'oeuvre, cette entreprise n'est pas à la fois contrôlée par l'éditeur
ou par une personne le contrôlant au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce et
détentrice, sur cette oeuvre, de droits ou d'un mandat de commercialisation pour une ou
plusieurs exploitations autres que celles mentionnées au 2o.
II. - Est réputée indépendante d'un éditeur de services l'entreprise de production qui
répond aux conditions prévues au II de l'article 12 du décret du 28 décembre 2001
précité.
Art. 15. - La convention peut préciser, pour un ou plusieurs genres d'oeuvres
audiovisuelles, la proportion minimale des dépenses qu'un éditeur de services doit,
compte tenu de la nature de sa programmation, consacrer au développement de la production
indépendante.
Art. 16. - Les proportions prévues à l'article 7 et au I de l'article 11 sont
atteintes selon des modalités fixées par la convention dans un délai ne pouvant
excéder cinq ans à compter de la conclusion de la première convention et en fonction,
notamment, du nombre d'abonnés. Durant cette période, la convention fixera, de manière
progressive, les proportions qui devront être atteintes chaque année.
Art. 17. - Les sommes mentionnées aux 1o, 2o et 4o de l'article 12 sont prises en
compte, pour le montant total correspondant à chacune des oeuvres identifiées dans le
contrat, au titre de l'exercice au cours duquel l'éditeur de services a commencé à
exécuter l'engagement financier correspondant.
Les sommes mentionnées au 3o du même article sont prises en compte au jour de la
signature du contrat, à l'exception du prix des diffusions supplémentaires prévu au
deuxième alinéa du 1o du I de l'article 14, qui est pris en compte au jour de l'exercice
effectif du droit d'option.
Art. 18. - La convention peut fixer les modalités selon lequelles l'éditeur de
services se conforme, dans un délai n'excédant pas cinq ans à compter de la conclusion
de la première convention, aux proportions prévues à l'article 13 du décret du 17
janvier 1990 susvisé.
La convention fixe, de manière progressive, les proportions qui devront être atteintes
chaque année durant cette période, en fonction, notamment, du nombre de foyers recevant
le service et de la nature de la programmation sans que la proportion prévue pour les
oeuvres européennes puisse être inférieure à 50 %.
Sous-section 3 Dispositions applicables aux éditeurs de services de cinéma
Art. 19. - Les sections I et II du chapitre II du titre II du décret du 28 décembre
2001 précité sont applicables aux éditeurs de services de cinéma.
Les proportions et montants minimaux par abonné résultant de l'application des articles
20 et 24 du même décret sont atteintes dans un délai ne pouvant excéder cinq ans à
compter de la conclusion de la première convention, selon les modalités fixées par la
convention en fonction, notamment, du nombre d'abonnés au service.
Les dispositions de l'alinéa précédent ne s'appliquent plus lorsque le nombre
d'abonnés au service et supérieur à 1,5 million.
Art. 20. - Pour les éditeurs de services de patrimoine cinématographique, la
convention peut prévoir que les dépenses, définies au II de l'article 11, consacrées
à la sauvegarde, la restauration ou la mise en valeur des oeuvres du patrimoine
cinématographique d'expression originale française diffusées par ces services sont
prises en compte au titre de l'obligation prévue au I de l'article 20 du décret du 28
décembre 2001 précité dans la limite d'un tiers de celle-ci.
Sous-section 4 Dispositions applicables aux éditeurs de services de paiement à la
séance
Art. 21. - Les dispositions du chapitre III du titre II du décret du 28 décembre 2001
précité sont applicables aux éditeurs pour leurs services de paiement à la séance.
Sous-section 5
Dispositions applicables aux éditeurs de services de télévision entièrement ou
partiellement émis dans une langue autre que celle des Etats membres de l'Union
européenne, signataires de l'accord sur l'Espace économique européen ou parties à la
convention européenne sur la télévision transfrontière
Art. 22. - Les dispositions des articles 6 à 21 du présent décret ne sont pas
applicables :
1o A la part des programmes diffusés dans une autre langue que celles des Etats membres
de l'Union européenne ou signataires de l'accord sur l'Espace économique européen sur
le territoire de l'un de ces Etats ;
2o A la part des programmes diffusés dans une autre langue que celles des Etats parties
à la convention européenne sur la télévision transfrontière sur le territoire de l'un
de ces Etats.
Sous-section 6 Dispositions applicables aux éditeurs de services exclusivement consacrés
à l'autopromotion
Art. 23. - Les éditeurs de services consacrés à l'autopromotion ne diffusent pas
d'oeuvres audiovisuelles ou cinématographiques, de journaux télévisés ou d'émissions
d'information politique et générale.
Ils peuvent toutefois diffuser des documentaires et des programmes sportifs sous réserve
que la programmation soit exclusivement consacrée à l'autopromotion. Dans ce cas, ces
services ne doivent pouvoir être reçus, directement ou indirectement, dans aucun autre
Etat membre de la Communauté européenne ou signataire de l'accord sur l'Espace
économique européen ou partie à la convention européenne sur la télévision
transfrontière.
Chapitre II Dispositions applicables aux éditeurs de services non établis en France
Art. 24. - Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux éditeurs de
services de radiodiffusion sonore relevant de la compétence d'un autre Etat membre de
l'Union européenne ou signataire de l'accord sur l'Espace économique européen, aux
éditeurs de services de radiodiffussion sonore et de télévision relevant de la
compétence d'un Etat partie à la convention européenne sur la télévision
transfrontière, non membre de la Communauté européenne et non signataire de l'accord
sur l'Espace économique européenne, ainsi qu'aux éditeurs de services de
radiodiffusions sonore et de télévision établis dans d'autres Etats et relevant de la
compétence de la France dans les conditions prévues à l'article 43-4 de la loi du 30
septembre 1986 susvisée.
Art. 25. - Les dispositions du décret du 6 avril 1987 susvisé, à l'exception de son
article 7, sont applicables aux éditeurs de services de radiodiffusion sonore.
Art. 26. - La convention conclue par le Conseil supérieur de l'audiovisuel avec chacun
des éditeurs de services de radiodiffusion sonore et de télévision relevant de la
compétence d'un Etat partie à la convention européenne sur la télévision
transfrontière, non membre de la Communauté européenne et non signataire de l'accord
sur l'Espace économique européen, ne peut porter que sur des domaines qui ne font pas
l'objet de stipulations de la convention européenne sur la télévision transfrontière.
Art. 27. - Les dispositions du chapitre Ier du présent titre sont applicables aux
éditeurs de services de télévision qui relèvent de la compétence d'un Etat non membre
de l'Union européenne, non signataire de l'accord sur l'Espace économique européen et
non partie à la convention européenne sur la télévision transfrontière susvisée ou
qui relèvent de la compétence de la France dans les conditions prévues à l'article
43-4 de la loi du 30 septembre 1986 susvisée.
La convention conclue par le Conseil supérieur de l'audiovisuel avec chacun des éditeurs
de services visés au présent chapitre fixe les conditions dans lesquelles les
obligations prévues à l'alinéa précédent sont respectées par chaque service. Les
dispositions de l'article 22 du présent décret sont applicables à ces services.
TITRE II DES EDITEURS DE SERVICES SOUMIS A DECLARATION PREALABLE
Art. 28. - Les dispositions du présent titre sont applicables aux éditeurs de
services de télévision relevant de la compétence d'un autre Etat membre de l'Union
européenne ou signataire de l'accord sur l'Espace économique européen.
Art. 29. - Préalablement à la mise à disposition de leur service de télévision
auprès du public au sein d'une offre de services d'un distributeur par câble ou par
satellite visés aux articles 34 et 34-2 de la loi du 30 septembre 1986 susvisée, les
éditeurs de services mentionnés au présent chapitre déclarent ledit service auprès du
Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Cette déclaration est faite par la personne qui a la responsabilité éditoriale de la
composition des grilles de programmes télévisés.
Art. 30. - La déclaration comporte les éléments relatifs à l'identification de
l'éditeur du service et au descriptif général de ce service. La liste de ces éléments
est précisée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Art. 31. - Tout changement portant sur un des éléments mentionnés à l'article 30
fait l'objet d'une déclaration dans un délai d'un mois selon les modalités prévues aux
articles 29 et 30.
La cessation du service fait l'objet d'une déclaration dans les mêmes conditions.
Art. 32. - Le Conseil supérieur de l'audiovisuel délivre, dans le délai d'un mois,
un récépissé de chaque déclaration.
Art. 33. - Toute personne qui n'a pas fait la déclaration prévue dans le délai
prescrit ou qui a fait une déclaration inexacte est punie de la peine d'amende prévue
pour les contraventions de la 5e classe.
En cas de récidive, le contrevenant est puni de l'amende prévue pour la récidive des
contraventions de la 5e classe.
Art. 34. - Le Conseil supérieur de l'audiovisuel ne peut entraver, à titre
provisoire, la retransmission d'un service mentionné au présent chapitre que si les
conditions suivantes sont réunies :
1o Au cours des douze mois précédents, l'éditeur du service a méconnu au moins deux
fois les dispositions du a de l'article 43-6 de la loi du 30 septembre 1986 susvisée ;
2o Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a notifié par écrit à l'éditeur du service
et à la Commission des Communautés européennes, par l'intermédiaire du Gouvernement,
les violations alléguées et son intention de restreindre la retransmission au cas où
une telle violation surviendrait de nouveau ;
3o Les consultations avec l'Etat membre compétent à l'égard de l'éditeur du service et
avec la Commission des Communautés européennes n'ont pas abouti à un règlement amiable
dans le délai de quinze jours à compter de la notification prévue à l'alinéa
précédent ;
4o La violation alléguée est à nouveau constatée.
La décision d'entraver la retransmission d'un service est notifiée par le Conseil
supérieur de l'audiovisuel à l'ensemble des distributeurs de services mentionnés aux
articles 34 et 34-2 de la loi du 30 septembre 1986 susvisée. Elle est publiée au Journal
officiel de la République française.
TITRE III DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES
Art. 35. - Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er janvier 2003.
Les conventions des éditeurs de services sont modifiées avant cette date en tant que de
besoin.
Le décret no 92-882 du 1er septembre 1992 est abrogé à compter de la même date.
Art. 36. - Pour les éditeurs de services signataires, depuis plus de trois ans à
l'entrée en vigueur du présent décret, d'une convention au titre de l'article 33-1 de
la loi du 30 septembre 1986 susvisée, le délai maximal mentionné au deuxième alinéa
de l'article 4, à l'article 16, à l'article 18 et au deuxième alinéa de l'article 19
du présent décret est fixé à deux ans à compter de la modification de la convention
prévue à l'article 35.
Les proportions résultant de la première application à ces éditeurs des articles 7 et
11 ne peuvent être inférieures au total des dépenses contribuant au développement de
la production d'oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles constatées sur les trois
derniers exercices rapporté au chiffre d'affaires net cumulé sur la même période.
Les proportions résultant de la première application à ces éditeurs du deuxième
alinéa de l'article 19 ne peuvent être inférieures, pour la contribution au
développment de la production d'oeuvres cinématographiques, au total des dépenses
constatées sur les trois derniers exercices rapporté aux ressources totales cumulées
sur la même période et, pour la contribution au développement de la production
d'oeuvres audiovisuelles, au total des dépenses constatées sur les trois derniers
exercices rapporté aux ressources totales nettes cumulées sur la même période.
Art. 37. - Le présent décret est applicable dans les territoires d'outre-mer, en
Nouvelle-Calédonie et à Mayotte.
Art. 38. - Le ministre de l'intérieur, la ministre de la culture et de la
communication et le secrétaire d'Etat à l'outre-mer sont chargés, chacun en ce qui le
concerne, de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la
Républiquefrançaise.
Fait à Paris, le 4 février 2002.
Lionel Jospin
Par le Premier ministre :
La ministre de la culture
et de la communication,
Catherine Tasca
Le ministre de l'intérieur,
Daniel Vaillant
Le secrétaire d'Etat à l'outre-mer,
Christian Paul |